Blog de Pascal Beausse
de vila kujoyama

Adam Vackar apparaît face caméra, le visage recouvert de poudre blanche, dans la vidéo-projection Slap.

Une main surgit dans le champ de la caméra et le gifle.

Cette punition se répète ad libitum, sans résistance de sa victime. Efficace rencontre entre Le Procès et le Butô, entre Kafka et la performance japonaise.

Vackar aime à travailler sur la part maudite de l’Homme. Cette pièce est sans doute sa plus efficace à ce jour. Il y endosse le rôle du coupable. Par le regard subjectif qu’il nous impose, le bras punisseur surgissant depuis l’espace du regardeur, dans ce face à face qu’il crée entre son image et nous, la répartition des rôles nous place dans la position inconfortable du bourreau. Il s’agit d’une infamie. Un crime est expié.
À travers les métaphores de la ruine, de la perte et de la culpabilité, cette exposition énonce la permanence de la catastrophe. « Tu n’as rien vu à Hiroshima. » Mais il faut continuer malgré tout à vivre.